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Refondation du Mali : Le Haut Conseil Islamique prépare une concertation nationale, le 31 juillet prochain

Folle rumeur de versement de 500 milliards FCFA sur le compte de feu Hamed Bagayoko : Karim Kéita éclaboussé ?

Mali : Manifestation contre la vie chère, hier, à Bamako

Nioro du Sahel : Les terroristes ferment des écoles

La feuille de route de la transition en difficulté Déjà des couacs se multiplient au sommet de l’Etat

Vie chère : Poche trouée, panier vide

Burkina Faso, Niger et Mali : 350 millions $ de la Banque Mondiale pour relance et la stabilité

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Lt-Colonel Sapeur-Pompier Bakary Dao de la Direction de la Protection Civile : « En 2020, les mototaxis sont impliquées à 78% des accidents de circulation à Bamako »

Nouveau Gouvernement La représentation des femmes est à l’ordre de 21%

Leadership éditorial des rédactrices en chef en période électorale Les femmes journalistes à l’école de l’Internews

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Edito : Le gouvernement Choguel souffre d’un déficit d’inclusivité

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Mon Colonel, attention aux laudateurs !

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30 juillet 2021

Feue Maïmouna Helene Diarra Une icône qui survivra par ses œuvres et ses valeurs

Animatrice/productrice de l’ORTM à la retraite, actrice de cinéma et de théâtre, comédienne, Maïmouna Hélène Diarra est décédée le jeudi 10 juin 2021 vers 19h à l’âge de 66 ans au CHU Mère-Enfant Le Luxembourg. Le lendemain, vendredi 11 juin 2021, elle a rejoint sa dernière demeure au cimetière de Hamdallaye où elle a été conduite par une foule de parents, de collègues, d’élèves, de partenaires et surtout d’admirateurs. Un baobab s’est ainsi couché. Un repère s’est éteint avec sa joie de vivre et son déconcertant franc parler !

Elle s’appelait Maïmouna Hélène Diarra ! Elle fut un artiste dans tous les sens du terme et a connu tous les succès sans perdre cette humilité qui l’a rapprochait toujours des autres, même de ceux qui craignaient de se perdre dans son ombre. Elle a très tôt pris conscience de son talent et en a vite fait un outil  d’expression, une arme pour défendre ses opinions et surtout ses convictions.

Cet engagement était au-dessus de tout pour cette grande comédienne pour qui le message véhiculé pour la personnalité incarnée était plus important que les cachets proposés par les réalisateurs, par les metteurs en scène. Officier de l’ordre           national du Mali, Maïmouna Hélène Diarra a tiré sa révérence à 66 ans. Un âge qu’elle a certainement eu depuis sa naissance puisqu’elle était surtout à l’aise dans le rôle des vieilles dames depuis le début de sa brillante carrière.

«Qu’on ait peur ou non de la mort, on finit toujours par mourir. La peur de la mort n’empêche pas de mourir» ! C’est ce que dit le Super Biton de Ségou, sa terre natale, dans «Saya», l’une de ses belles inspirations artistiques. Hélène n’a pas eu peur de mourir car elle s’y était toujours préparée en vouant aussi corps et âme à sa religion, l’islam. Ce qu’elle craignait, c’est la peine dans laquelle sa disparition allait nous plonger comme on le constate depuis ce triste jeudi 10 juin 2021.

Notre dernière rencontre date du gala de «Integrity Icon Mali  2021» en février à l’Hôtel de l’Amitié ! Et le dernier souvenir que nous avons de toi, c’est sans doute ces pas de Takamba merveilleusement esquissés devant une assistance conquise par son élégance et à la grande joie du «Super Onze» de Gao désigné pour animer le gala. La preuve, si besoin en était, que tu avais l’art dans le sang et que tu étais une talentueuse ambassadrice de cette riche culture qui savait se mouler dans tous les rôles sans perdre son âme, incarner des personnalités diverses sans jamais renier tes valeurs qui sont louées aujourd’hui que tu n’es plus, Hélène.

Un grand privilège et un immense honneur

Ce fut un grand privilège de te côtoyer ces dernières années au Conseil d’administration d’AccountabilityLab/Mali (ALAB/Mali) et dans le jury d’Integrity Icon Mali. Comment ne pas être honoré par l’estime, la confiance et le respect que tu avais pour nous malgré la différence d’âge entre toi et la majorité des membres. Qu’elle humilité de ta part ! Sans toi, ta bonne humeur, ta sincérité… il n’est plus évident d’avoir la même ambiance au sein du CA d’ALAB/Mali et du jury d’Integrity Icon

Le baobab est tombé et la bibliothèque a tremblé sans prendre feu parce que Hélène était une icône ouverte. Tous ceux qui l’ont approché ont bénéficié de ses sages conseils, de son soutien et aussi de son savoir. «Hélène était une brave dame qui a su donner de l’amour à tous ceux qu’elle croisait», a témoigné Modibo Souaré, directeur du Centre national cinématographique du Mali (CNCM). «Je ne connais pas quelqu’un de ma génération à l’ORTM qui n’a pas besoin des conseils avisés, francs et sincères de Hélène. Quand le travail était bien fait, elle te disait sans hypocrisie aucune. Et si ce n’était pas le cas, elle te le disait aussi aucune méchanceté en te conseillant sur la voie à suivre», a aussi témoigné Alassane Diombélé «Eric», Directeur général de l’ORTM. Et c’est Hélène que nous avons également côtoyée au sein du CA d’ALAB/Mali et du jury de «Integrity Icon Mali».

L’art perd une icône et la culture une légende

Et c’est le Mali et sa très variée culture qui viennent de perdre une icône, une véritable légende ! Que d’hommages ! Que de témoignages éloquents et émouvants sur ta vie et ta carrière depuis l’annonce de ta disparition ! «La Genèse (sélection officielle Cannes 1999 dans : Un certain regard) où elle jouait le rôle de Léa, épouse de Jacob (Yacouba) avait bénéficié de son immense talent de tragédienne. Elle avait ensuite interprété le personnage du devin Tirésias, dans l’Antigone du Mandéka théâtre. Elle vivait ainsi dans les racines de ce qui allait devenir BlonBa, puis BaroDa et Culture en partage», témoigne le célèbre Jean-Louis Sagot-Duvauroux.

Et de promettre, «Hélène, nous ferons tout pour que tes fils, tes filles et tes petits enfants soient à la hauteur de l’héritage que tu nous laisses». Ta disparition (qui n’est que physique) est une perte énorme pour le cinéma malien, pour le 7e art africain. Et ce n’est pas seulement Ségou qui te pleure, mais le Mali voire toute l’Afrique

Dors en paix Tanti Hélène. Hadja, puisse Allah t’accueillir dans son paradis Firdaws !

Amen !

Moussa Bolly

Une carrière professionnelle bien remplie pour un talent inné

Le décès de Maïmouna Hélène Diarra, le jeudi 10 juin 2021, a été ressenti comme un séisme au Mali et sur le continent, notamment dans le milieu des arts et de la culture. Et cela d’autant plus qu’elle a su incarner cette icône qu’elle était devenue tout gardant les pieds sur terre et la tête bien solide sur les épaules. Cette talentueuse comédienne est restée humble dans son engagement. Et cela malgré le succès qui a couronné son brillant parcours.

Elle a joué dans presque tous les grands films africains, les célèbres pièces de théâtre comme Finzan (1989), Guimba le tyran (1995), Tribu Macadam (1996), Taafé Fanga (1997), Genèse (1999), Code inconnu (2000), Moolaadé (2004) Faro, la Reine des eaux (2005), Bamako (2006), Wari… La liste est loin d’être exhaustive.

Née dans les années 1960 à Ségou et après ses études primaires, Hélène s’est installée en 1975 à Bamako pour poursuivre ses études à l’Institut National des Arts (INA), section art dramatique. Pur produit de l’ex Kotéba national du Mali, Hélène (comme l’appelait affectueusement des collègues) a très tôt mis en exergue ses talents de comédienne. Elle a naturellement commencé par la figuration dans les œuvres de grands cinéastes comme Souleymane Cissé…

Et c’est Cheikh Oumar Sissoko qui lui donnera réellement sa chance dans «Genèse». Et par la suite, elle sera sollicitée par d’autres talentueux réalisateurs comme feu Ousmane Sembène (Moolaadé), Abderrhamane Cissako (Bamako), Boubacar Sidibé dans ses séries maliennes… «Douce ou mégère, gentille, méchante, malheureuse, heureuse, travailleuse, au foyer… mais toujours vieille, elle a toujours su se fondre dans son rôle sur la scène ou à l’écran», écrit le Directeur général du Centre national cinématographique du Mali (CNCM), Modibo Souaré, en saluant sa mémoire.

«Ce n’est pas que je n’aurais pas eu envie de jouer des jeunes premières ! Mais, simplement, on ne m’a jamais proposé ces rôles. Je joue les vieilles depuis que je suis jeune», confiait-elle en riant dans une interview à la presse, il y a quatre ans.  «J’ai un don pour les vieilles ! Jeune, quand je sortais en ville avec mes talons, en pantalon, certains disaient : Non! On ne comprend pas. C’est pas possible, tu t’es métamorphosée», racontait-elle dans le même entretien.

«Il y avait notamment des cours (de l’acteur français) Armand Dreyfus. Il m’a appris à travailler mon corps. Une vieille femme doit avoir les pas lourds, le dos cassé, une attitude… Ce n’est pas que du maquillage», confessait-elle. Elle se souvient avec nostalgie de son premier grand rôle dans la pièce politique haïtienne, «Gouverneurs de la Rosée » (Jacques Roumain), dans lequel elle incarnait une mère âgée qui accepte de taire la mort de son fils (le héros) pour l’intérêt général.
L’immense Hélène avait un talent inné pour la comédie. «En famille on riait, on se chamaillait et moi je jouais la comédie», nous confiait-elle lors de nos rencontres pour les activités d’AccountabilityLab/Mali (ALAB/Mali).  

«J’étais nulle en sciences, alors j’ai demandé un jour : Ça existe une école où il n’y pas de maths ? On m’a répondu: Il y a l’INA», confiait-elle souvent dans ses entretiens. Une tournée théâtrale du groupe dramatique du Mali jouant «Les tribulations de Frère Jero» (du prix Nobel nigérian Wolé Soyinka) a changé sa vie lors de son passage à San d’où est originaire sa famille. «Quand j’ai vu la pièce, je me suis dit : c’est ça que je veux faire. C’était le coup de foudre», reconnaissait-elle. Et la suite, nous pense que chacun d’entre vous peut la raconter. Certes, chacun à sa façon, mais sans doute en tant unanime que le Mali et l’Afrique viennent de perdre une talentueuse comédienne qui a aussi brillé par la noblesse de son âme !

Hélène s’est éclipsée le 10 juin 2021. Mais, elle n’est pas morte parce que les légendes sont éternelles.

M.B

Le Matin

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