Dernières INFOS

MALI : Dr Mohamed Traoré sur le thème “réformes politiques et institutionnelles” : “Aucun acteur politique malien et de la société civile n’est contre les réformes politiques et institutionnelles”

Chargé de développer le thème “Réformes politiques et institutionnelles “, Dr Mohamed Traoré a laissé entendre que c’est une problématique sensible qui s’inscrit dans un cadre global des faits sociopolitiques d’une nation. Pour lui, tout ce qui touche à l’aspect politique est très sensible. La politique en soi est une dynamique.

Pour le Dr Traoré : “La politique, la démocratie étant des faits sociopolitiques vivants, peuvent évoluer. Donc, la réforme s’inscrit naturellement dans ce cadre-là. Les Maliens sont appelés à sortir des réformes parce qu’il y a des besoins sociaux qu’il faut satisfaire. Et globalement, aucun acteur politique malien, aucun acteur de la société civile concerné par les faits politiques, n’est contre le fait de procéder à des réformes. Peut-être que les modalités de la réforme, les approches, les formes peuvent amener des divergences de position, des questionnements de fond”, a-t-il introduit son thème. Il a rappelé que la démocratie est un équilibre fragile et pas évident entre les pouvoirs (séparation des pouvoirs) pour qu’un pouvoir puisse arrêter un pouvoir. Ce qui permettra d’éviter l’absolu. Cette démocratie est une construction permanente inachevée et qui doit être alimentée par de nouveaux éléments comme la décentralisation.

Sur le contexte sociopolitique dans lequel s’inscrivent les réformes politiques et institutionnelles, il a indiqué qu’en Afrique, surtout au Mali, il y a les mêmes types de comportement par rapport à la chose politique, c’est-à-dire que ceux qui sont au pouvoir ne veulent pas le quitter et ceux qui sont à l’opposition veulent accéder au pouvoir.

Evoquant les 3 tentatives de révision constitutionnelle au Mali (1999, 2011, 2017), il affirme que la 1ère tentative l’a été sur la base des recommandations du forum politique de 1999 pour apaiser le climat politique et social. Cette première tentative de révision constitutionnelle n’a pas pu aboutir à cause de la fronde des partis politiques de l’opposition et des magistrats contre cette révision constitutionnelle. Car, a-t-il souligné, le président Alpha Oumar Konaré n’a pas eu le soutien politique nécessaire pour faire avancer cette révision constitutionnelle bien qu’elle ait été adoptée au niveau de l’Assemblée nationale en juillet 2000. Et le président a dû surseoir à cette révision constitutionnelle. Il a rappelé que la Commission Daba Diawara, nommée en février 2008, a été à l’origine d’un rapport pour faire des propositions sur la 2e tentative de révision constitutionnelle de 2011 avec la création du Sénat et d’autres propositions comme l’instauration d’un système semi-présidentiel avec la création de la Cour des comptes.

Cette 2e tentative de révision constitutionnelle n’a pas abouti à cause du coup d’Etat avant le Référendum. La 3e tentative de la révision constitutionnelle de 2017 à ses dires, a été moins inclusive que les 2 autres tentatives de révision constitutionnelle à cause de moins de communication autour du projet. Ce qui fait que 3e tentative n’a pas prospéré. Il indiquera qu’il y a des questions fondamentales sur les réformes institutionnelles dont l’Accord issu du processus d’Alger, les partis politiques, les élections, le découpage administratif.

Pour le conférencier, les réformes doivent commencer par le mandat du président de la République (1ère institution). Ensuite, suivront les autres institutions. Il a souligné qu’aucune des 3 tentatives de révision constitutionnelle n’a touché le mandat du président, c’est-à-dire, l’article 30 de la Constitution qui stipule que le mandat est de 5 ans et que le président est rééligible une fois. Ce qui signifie en principe que le Président ne peut pas faire plus de deux mandats.



Siaka DOUMBIA

122 Visite(s) Source : Par - Aujourd’hui-Mali
Publié le : 31-08-2019 à 09:11:50