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MALI : Entretien avec Hamidou A.F Maiga auteur du livre «une plume trempée dans l’encre de la vie», tome 1 «La première des choses quand on fait un métier c’est de l’aimer»

Professeur de lettres modernes à la retraite, Hamidou Assoumane Fongo Maiga, auteur du célèbre livre « Moi enfant », lauréat du Prix Acct de la littérature africaine pour enfant vient de mettre sur le marché du livre un nouvel ouvrage intitulé « Une plume trempée dans l’encre de la vie ». Un recueil de poèmes édité par Prostyle Editions qui aborde des thématiques variées telles que la paix, l’école, l’amour, ainsi que des hommages. Le poète Maiga à bien voulu répondre à nos questions au cours d’un entretien sur son ouvrage ainsi que ses projets d’écriture.

«La première des choses quand on fait un métier c’est de l’aimer»

Aujourd’hui-Mali : Bonjour, pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ?
Hamidou Maiga : « Une plume trempée dans l’encre de la vie » est mon dernier livre qui vient de paraitre chez Prostyles Editions. C’est un recueil qui contient de poèmes sur des thèmes variés. Dans cet ouvrage, je touche à beaucoup d’aspects de la vie.

Quelle explication pouvez- vous donner au poème titré « Je ne suis pas que moi » ?

Je veux dire, dans ce poème, qu’en moi il y a d’autres personnes. J’ai rencontré d’autres hommes comme moi dans ma vie. Je ne suis pas seul en moi-même. Je suis celui qui se promène, celui qui a faim, celui qui a sauf, je suis le mendiant de la rue, le politicien. Je parle au nom de tout le monde, je ne parle pas que de moi. Je me mets dans la peau des autres pour décrire leur préoccupation, leur désir, leur bonheur, leur malheur… !

C’est quoi « Le message » que vous voulez transmettre ?

Le principal message dans ce recueil, c’est essentiellement la paix. Ce qui m’a un peu dérangé par rapport à ce texte, c’est que je l’ai écrit il y a longtemps. J’estime que c’est un poème qui devait être publié depuis pour sensibiliser tous les Maliens et voilà qu’on revient sur le même thème, cette année. Cela veut dire qu’on n’a pas bien travaillé dans ce sens. C’est dire que tous ceux qui écrivent : les écrivains, les journalistes… quand leur message passe, il faut essayer d’appliquer ce qu’ils recommandent. Parce que ce sont des hommes qui voient les choses venir et dès entend leur cri, on doit appliquer leur message et ainsi on pourra anticiper les choses et on aura moins de problèmes. C’est maintenant que nous sommes dans la crise qu’on parle de paix et réconciliation or ce sont des choses qu’on doit prévenir. Il faut que les Maliens du nord, du sud, de l’est et de l’ouest se donnent la main et s’entendent pour la paix et le développement de notre pays.

Qui est Abdoulaye Barry et pourquoi cet hommage à son endroit ?
Ah oui ! Abdoulaye Barry était un de nos ainés qui a beaucoup œuvré avec l’ancien président de la République du Mali, Alpha Oumar Konaré, pour la promotion des langues nationales. C’est quelqu’un qui a énormément travaillé dans ce sens. Je n’ai pas directement travaillé avec lui, mais je l’ai approché à travers d’autres et ce qu’il a fait durant sa vie m’a beaucoup marqué. Et un jour, en voulant aller voir son travail on me dit qu’il est décédé la veille. Ce qui m’a encore plus marqué. Quelques jours après, j’ai écrit ce poème et je l’ai isolé car il n’était pas destiné à être publié, mais j’ai finalement décidé de le publier dans cet ouvrage. Je le chante pour le travail et pour son amour pour les langues nationales, pour le pays et pour sa culture et son aspect intellectuel.

Vous chantez également les porteurs d’uniforme dans cet ouvrage…!

J’ai chanté les hommes en uniforme pour les encourager dans leur travail. C’est un poème que j’ai également écrit il y a longtemps et aujourd’hui ces hommes traversent une période difficile, comme tous les Maliens d’ailleurs, à cause de cette crise. Ces porteurs d’uniforme sont envahis par l’ennemi et je pense que c’est le moment de les encourager dans leur travail. Au-delà des porteurs d’uniforme, je pense que tout homme a besoin d’être encouragé dans ce qu’il fait comme travail. Ce poème, je l’ai écrit pour galvaniser les porteurs d’uniforme dans leur travail qui est la défense de la patrie.

Vous avez plusieurs poèmes engagés dans ce recueil, peut-on vous considérer comme un poète engagé ?

Oui, à chaque fois que le poème parle des problèmes de la vie. Si c’est dans ce sens que vous prenez l’engagement, je pense que je suis un poète engagé. C’est vrai, j’ai écrit de nombreux poèmes engagés, mais je n’ai pas que cet aspect en moi et d’ailleurs mes premiers poèmes parlent généralement de l’amour. J’ai un recueil de poèmes en gestation qui ne parle que d’amour. Mes premiers poèmes abordent l’amour et l’’amitié.

Vous évoquez également l’école malienne !

J’ai écrit ce poème aussi il y a longtemps. Un poème que mes élèves ont chanté devant des personnalités, notamment dans le domaine de l’éducation, qui ont vu sa pertinence, mais qui n’ont rien fait à l’époque pour soigner les plaies qui rongeaient notre école. S’ils avaient vraiment pris en compte mon message et celui de tant d’autres écrivains, ils pouvaient prendre certaines précautions pour sauver l’école malienne. Il y a beaucoup d’aspects à prendre en compte. Ils promettent des choses pour sauver l’école à chaque fois, mais rien n’est fait. J’ai écrit des ouvrages dans le cadre de l’éducation qui ont été validés par un ministre de l’Education et des techniciens pédagogiques comme des ouvrages intéressants pour l’école malienne, non encore publiés. Des ouvrages que l’Etat devrait faire publier et faire lire dans les écoles, mais rien n’a été fait. C’est pour vous dire aussi que la théorie l’emporte sur la pratique, mais il faut que des choses soient faites pour la sauver l’école malienne.



A travers votre bibliographie, nous constatons que vous êtes plus poète et dramaturge. Pourquoi ce choix ?

Bon ! J’écris surtout des poèmes et des pièces de théâtre parce que j’ai tout simplement suivi ma nature. Depuis à mon jeune âge, j’écrivais des poèmes. La poésie est un genre dans lequel je me sens vraiment à l’aise. Je dirais que c’est mon métier d’enseignant qui m’a poussé à écrire des pièces de théâtre. Je peux écrire aussi des romans ou des nouvelles, mais les genres dans lesquels je me sens le plus à l’aise sont la poésie et le théâtre.

Avez-vous d’autres projets d’écriture ?

Oui, j’ai des projets d’écrire. Comme vous pouvez faire la remarque, cet ouvrage est le tome 1. Cela veut dire qu’il y aura un ou d’autres tomes du même titre en fonction des circonstances. J’ai un autre recueil de poèmes qui est presque prêt pour la publication. Ça s’appelle « Fée de Tombouctou ». Un recueil de poèmes qui parle beaucoup d’amour.

Avez-vous un conseil à donner aux jeunes écrivains maliens ?

Je dis aux jeunes écrivains maliens que la première des choses, quand on fait un métier, c’est de l’aimer. Il faut certes un peu d’argent, mais beaucoup d’amour pour ce qu’on fait. Je conseille également aux jeunes de lire. Ils font beaucoup de fautes dans leur écriture par ce qu’ils ne lisent pas beaucoup. Dès que tu multiplies la lecture et que ton expression s’enrichit, c’est sûr que tu pourras bien écrire et quand ton ouvrage est bien écrit et apprécié sa publication est facile.

Réalisé par Youssouf KONE

136 Visite(s) Source : Par - Aujourd'hui Mali
Publié le : 28-09-2019 à 23:32:15