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MALI : POUR FACILITER SA MISE EN ŚUVRE IBK n’exclut plus la révision de certaines dispositions de l’accord pour la paix et la réconciliation nationales

Dans son message à la nation, prononcé hier soir à la radiotélévision nationale (ORTM) à l’occasion du 59e anniversaire de l’indépendance du Mali, le président Ibrahim Boubacar Kéita n’a pas exclu la révision de certaines dispositions de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale (APR) signé en mai et juin 2015 entre l’Etat et les mouvements armés du nord de son pays.  



Une révision imposée par des difficultés rencontrées dans sa mise en śuvre intégrale. En effet, le chef de l’Etat malien s’est appesanti sur «les obstacles sur lesquels bute la mise en śuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation».

«Malgré les développements récents, dont la sortie de la première vague du DDR accéléré au début de ce mois, des difficultés demeurent. Elles inhérentes pour certaines d’entre elles à la nature même d’un tel accord ; liées, pour d’autres, à l’incompréhension, et par moments à l’intransigeance de certains signataires», a-t-il souligné.

Mais, le président Kéita a réaffirmé «l’attachement du gouvernement malien à cet accord, quitte à en discuter certaines dispositions, l’essentiel étant d’en conserver l’esprit». Des réformes politiques et surtout une révision constitutionnelle sont indispensables pour créer les conditions de la mise en śuvre intégrale de cet accord. Et c’est le futur Dialogue national inclusif qui doit trancher par rapport au contenu de ces reformes.

Mais, la société civile et l’opposition politique ont clairement indiqué que la révision constitutionnelle ne doit pas être liée à la mise en śuvre de l’accord. C’est d’ailleurs pourquoi on est passé de «Dialogue politique» à «Dialogue national» inclusif dans les termes de références (TDR) validés en début de la semaine écoulée.

Le dialogue national inclusif est une revendication de l’ensemble des forces vives de la nation (partis, syndicats, organisations de la société civile…). C’est une quête qui va au-delà de la révision constitutionnelle, donc de la mise en śuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. L’objectif visé est la refondation même de l’Etat malien sur une base solide à partir d’un état des lieux sans complaisance et sans concession sociopolitique aucune.

De sa signature en mai et juin 2015 à nos jours, la contestation n’a réellement jamais baissé par rapport à ce document que beaucoup d’intellectuels et d’activistes considèrent comme «une camisole de force», que la «France cachée derrière la communauté internationale» veut imposer au Mali. Et ils sont aujourd’hui nombreux les observateurs qui pensent qu’il est difficile voire impossible de mettre en śuvre l’accord dans sa forme actuelle sans créer des problèmes qui ne peuvent qu’affaiblir davantage le pays.

«La mise en śuvre de l'accord en l'état est difficile voire impossible. Mais personne ne semble aller à une solution qui puisse garantir la paix et la sécurité et permettre le développement», a récemment analysé Abdourhamane Dicko, membre influent de la société civile de la région de Gao, nord du Mali.

Un avis partagé dans le cercle de plus en plus large de ceux qui rejettent l’APR. Samedi soir (21 septembre 2019), dans son message à la nation, Ibrahim Boubacar Kéita a lancé «un appel fraternel et sincère en direction de nos frères du nord à plus de raison pour que nos efforts, les efforts de toutes les parties, ne tendent plus que vers la paix» !



92 Visite(s) Source : Moussa Bolly - Le Matin
Publié le : 26-09-2019 à 22:15:41